Chronique cinématographique #1 : Barry Lyndon

L'intrigue : de la gloire à la déchéance


L'histoire de Redmond Barry (Ryan O'Neal) prend place en Irlande au milieu du XVIIIe siècle. Amoureux de sa cousine Nora, il décide de provoquer en duel un riche capitaine de l'armée anglaise qui la courtise ouvertement. Croyant l'avoir tué, sa famille l'implore de quitter l'Irlande et de s'engager dans l'armée, le temps que la situation s'apaise.


La brutalité militaire ne convient pas à notre jeune héro, et ce dernier saisit l'occasion de voler un uniforme d'officier et déserte l'armée. Démasqué par un capitaine prussien, Redmond se voit forcer de s'engager sous le drapeau prussien pour ne pas être dénoncé aux autorités britanniques. Peu à peu, il fait ses armes et gagnant la confiance du capitaine, ce dernier l'engage pour espionner le chevalier Balibari (Patrick Magee), soupçonné d'être irlandais. Loin de chez lui et face à un compatriote, Redmond avoue tout de suite la vérité à Balibari qui, touché par le jeune homme, lui propose de le prendre sous son aile. Ils fuient alors tous deux à travers l'Europe en organisant des jeux d'argent.


Un soir, Redmond tombe sous le charme de Lady Lyndon (Marisa Berenson), mariée à un homme plus âgé, qu'il épousera une fois son mari décédé au grand dam de son fils Lord Bullington. C'est par ce mariage que Redmond Barry devient Barry Lyndon. Il commence alors à dilapider l'argent de son épouse, à multiplier les aventures et à favoriser son fils Bryan. Pendant ce temps, la haine qu'éprouve son beau-fils Lord Bullington à son encontre ne fait que grandir. Lorsque le petit Bryan décède accidentellement, Barry sombre dans l'alcool et sa femme dans une profonde dépression.


Devenu grand, Lord Bullington (Leon Vitali) provoque son beau-père en duel et parvient à le blesser à la jambe. Grand vainqueur, Lord Bullington reprend ses biens et somme Redmond de regagner l'Irlande s'il souhaite qu'une pension lui soit versée. Accompagné et soutenu par sa mère, seule personne qui lui reste fidèle, Redmond décide de partir pour l'Irlande.


L'analyse


Génèse

Apparu entre les mains de Stanley Kubrick de façon hasardeuse, Les mémoires de Barry Lyndon (1843-1844) de William Makepeace Thackeray est un livre très peu connu mais qui séduit immédiatement le cinéaste qui décide de l'adapter. Le film est rapidement salué par la critique pour sa beauté esthétique et récompensé par 4 oscars mais constitue un échec commercial dans les pays anglo-saxons.


Esthétisme

Barry Lyndon sort dans les salles en 1975, c'est le dixième long métrage du réalisateur. Esthétiquement, c'est une œuvre époustouflante ! Le spectateur est immédiatement immergé dans le XVIIIe siècle. Le perfectionnisme de Kubrick est tel que les scènes d'intérieurs sont uniquement éclairées à la lumière naturelle de la bougie, comme c'était le cas à l'époque. Cela marque un véritable coup de maitre dans l'histoire du cinéma contemporain et n'est pas sans rappeler l’œuvre picturale de certains peintres anglais et flamands tels que John Constable, Thomas Gainsborough, Frans Hals ou Jacob Van Ruysdael.


Musicalité

En plus d'être une œuvre cinématographique d'une qualité visuelle rarement atteinte, la qualité sonore est également au rendez-vous. De Bach à Mozart en passant par Schubert, Haendel et Vivaldi, ces compositeurs et leurs morceaux ont été choisi car ils sont liés à l'époque que souhaitait retranscrire le cinéaste. Rien n'est laissé au hasard pour que le spectateur se retrouve au cœur du XVIIIe siècle.


Sans oublier que la musique, en plus d'accompagner l'image, joue également le rôle de vecteur d'émotions. C'est notamment le cas dans la scène où Redmond rencontre et séduit Lady Lyndon, admirablement accompagnée par le Piano Trio In E Flat, Op. 100 de Franz Schubert où les paroles ne sont plus de mise. La musique offre alors une dimension poétique qui fait prendre conscience au spectateur tout l'enjeu de la séduction entre ces deux personnages.


Mon avis

Grande fan de l’œuvre Kubrickienne, Barry Lyndon était le seul film du cinéaste que je n'avais pas encore visionnée. D'une durée d'environ 3 heures, j'ai été séduite par l'histoire dès les premières images. L'histoire est divisée en deux actes, qui préviennent le spectateur de la tournure que vont prendre les évènements, et un épilogue. Cela constitue un choix audacieux de la part du réalisateur qui oriente le spectateur dès le début tout en réussissant à le captiver et à le surprendre dans le déroulement de l'intrigue.

L'esthétique et la musique m'ont particulièrement touché, et constituent, selon moi, la grande force de ce film. Barry Lyndon est réellement une œuvre époustouflante mêlant drame, orgueil et amour. Malheureusement trop souvent oublié dans la filmographie de Kubrick, Barry Lyndon est un classique cinématographique qui doit être vu !


Playlist

Georg Friedrich Haendel, Sarabande

Johann Sebastian Bach, Concerto pour 2 clavecins en do mineur

Wolfgang Amadeus Mozart, Marche d'Idomeneo

Giovanni Paisiello, Saper bramante

Franz Schubert, Piano Trio in E Flat, op. 100

Antonio Vivaldi, Sonate pour violoncelle en mi mineur op. 14


à retrouver ici : https://www.youtube.com/watch?v=mpoNjrM5DlY


Bon visionnage et bonne écoute !


Eva




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