Ecran mon doux écran, dis-moi qui est la plus belle?

Comme Narcisse contemplant son reflet dans l’étang, de plus en plus de personnes, accros à leurs écrans et aux réseaux sociaux, n’existent que dans le regard de l’autre.

Face à cette narcissisation de notre société, certains peuvent avoir le sentiment de perdre leurs repères et leur identité. Ils souffrent d’une chute de l’estime de soi, se sentent méprisés par l’exercice abusif des pouvoirs. Le repli sur soi, les addictions, les comportements discriminatoires, le refus de l’autre deviennent alors leurs mécanismes de défense.

Dans son livre, la psychiatre-psychanalyste Marie-France Hirigoyen évoque une véritable épidémie de narcissisme dans notre société. 


Partant de sa clinique, elle pointe la confusion entre le narcissisme sain, qui permet d’avoir suffisamment confiance en soi pour s’affirmer, et le narcissisme pathologique consistant à se mettre en avant aux dépens des autres. Elle invite à mieux comprendre ce qu’est cette pathologie afin d’en repérer les dérives et de contrer l’ascension des Narcisse tout-puissants.

Êtes-vous atteint de "selfitis", la maladie du selfie ?

Le matin au réveil ou en soirée autour d'un verre. Il ne se passe pas un moment sans que vous immortalisiez ce moment avec un selfie. Vous êtes peut-être malade... Explications.


Tendre le bras, positionner son smartphone et appuyer sur le bouton photo. Un geste simple devenu obsessionnel pour certains et certaines. Manque de confiance en soi, besoin d'une validation des autres ou encore volonté d'exister, les raisons sont multiples. Mais au final, cela peut devenir une véritable addiction. 

C'est en tout cas la thèse développée par l'Université de Nottingham Trent et de la Thiagarajar School of Management. Dans une étude mise en ligne fin novembre, les deux établissements nomme cette maladie le "selfitis". Pour arriver à ce constat, les chercheurs ont mis en place des groupes de discussion d'au moins 200 participants, résidant en Inde. Pays qui compte le plus grand nombre d'utilisateurs de Facebook et le plus grand nombre de morts à la suite d'un selfie pris dans des endroits dangereux. 


Minimum trois photos par jour

Leurs conclusions sont sans appel. Il existe pour eux, trois niveaux de dépendance.

  • Le premier nommé "bordeline" concerne les personnes qui prennent minimum trois photos d'elle par jour, sans publication sur les réseaux sociaux.

  • Le niveau suivant, "aigu", concernent celles et ceux qui se photographient au moins trois fois par jour puis publient leurs clichés sur les réseaux sociaux. Enfin,

  • le dernier niveau, "chronique" définit une envie incontrôlable de se prendre en photo en permanence avant de les partager sur les réseaux sociaux. 



Pour définir quelles personnes entrent dans chaque catégorie, ces dernières étaient invitées à noter sur une échelle allant de 1 à 5 les affirmations mentionnées par l'échelle de comportement.

Il est par exemple mentionné que "partager mes selfies crée une saine compétition avec mes amis et collègues" ou encore "je gagne énormément d'attention en partageant mes selfies sur les médias sociaux". Parmi les 20 énoncés proposés figurent aussi "quand je ne prends pas de selfies, je me sens détaché de mon groupe", "prendre des selfies modifie instantanément mon humeur" ou encore "je prends des selfies comme trophées pour de futurs souvenirs."

En fonction des réponses des participants, les chercheurs ont pu identifier les six principaux facteurs à l'origine de cette addiction: augmenter sa confiance en soi, attirer l'attention, améliorer son humeur, se créer des souvenirs, augmenter sa conformité avec le groupe social et être socialement compétitif. Les chercheurs indiquent que plus ces facteurs sont prévalents, plus le niveau de "selfitis" est élevé.


"Généralement, ceux qui présentent cette maladie souffrent d'un manque de confiance en eux, cherchent à s'intégrer et peuvent présenter des symptômes similaires à d'autres comportements potentiellement addictifs.", explique le Dr Janarthanan Balakrishnan. Maintenant que l'existence de la maladie semble avoir été confirmée, les chercheurs espèrent que d'autres études seront menées pour mieux comprendre pourquoi certaines personnes développent ce comportement obsessionnel, et ce qui peut être fait pour les aider.



Une maladie mentale reconnue!

Pour le chercheur Janarthanan Balakrishnan, interrogé par le journal The Independent "les personnes qui souffrent de cette condition ont très peu confiance en eux et essayent de s’intégrer au groupe de leurs pairs. Ils peuvent manifester des symptômes similaires à d’autres comportements potentiellement addictifs".

En clair suivant l’étude menée le selfitis est une maladie mentale à ne pas prendre à la légère. Prévenez vite la famille Kardashian !



City-Magazine / Psycho / Doctissimo










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