"J'AI FAIM DE TOI "Eat or to be eaten"!

Mis à jour : janv. 8

"Mange, tu ne sais pas qui te mangera"!


Sans doute avez-vous déjà entendu ou utilisez vous-même cette expression devenue populaire destinée à encourager un proche ou votre propre progéniture à manger alors qu'elle n'a pas faim. Mais pourquoi notre société est-elle devenue aussi "addict" à la nourriture et pourquoi dès lors chaque fin d'année après des fêtes qui font l'apologie de tous les excès gustatifs, c'est le même triste constat qui se répète devant le miroir et la balance?

Une balance qui nous indique sans préambule que nous avons consommé bien plus de calories que nécessaires ayant engendré dans notre corps une prise de masse adipeuse disgracieuse annonçant le retour des mêmes bonnes résolutions que l'année précédente, souvent d'ailleurs indéfiniment reportées par un fameux :

"Demain je me mets au régime"!!!

C'est cela Ouiiiiiii !



Au-delà de cette expression populaire imagée et de toutes ces veines promesses de régimes mille fois répétés, rappelons-nous qu'il fut un temps pas si éloigné, où dans certaines peuplades indigènes d'Afrique et d'Amazonie, on s'adonnait encore régulièrement au cannibalisme. Cette pratique qui peut sembler barbare aujourd'hui pour notre société occidentale dite civilisée, était surtout effectuée dans des circonstances particulières et notamment pour s'approprier l'énergie vitale de combattants vaincus mais respectés ou celle d'un membre de sa propre famille décédé prématurément.

Une pratique qui selon certaines rumeurs serait encore parfois réalisée aujourd'hui dans des rituels obscurs de sectes dites "Sataniques" parfois pour des raisons un peu similaires à celles de ces Aborigènes précités un peu plus haut.


Les premières traces de cannibalisme remontent d'ailleurs à la préhistoire. ... et La Bible considère le cannibalisme comme une malédiction (Lévitique 26 verset 29, 2 Rois 6 verset 28), alors que Paul VI a « pardonné » le cannibalisme de survie, pratiqué par les survivants du drame de la cordillère des Andes. Comme dit le proverbe :


"Nécessité n'a pas de lois "



Dans le monde managérial aussi on parle souvent de manger son concurrent ou son futur client prospect ( parfois appelée victime) pour assouvir ses besoins insatiables de domination capitaliste.

Comme dans cet extrait du film"Les porte de la gloire" (du réalisateur Christian Merret-Palmair) dans lequel Benoît Poelvoordt tente d'inculquer à l'un de ses vendeurs la force de la persuasion clandestine des prédateurs et de l'auto-suggestion positive des "Winners"

évoquée par un slogan évocateur qui parle de lui-même : "Eat or to be eaten".


Dans les sports de combat plus ou moins violents ou dans les sports d'équipe on argue souvent ses adversaires d'un : "On va vous manger tout cru". Même la maman attentionnée et bienveillante ne résiste pas à cette métaphore et prétend souvent vouloir manger son propre nourrisson.

Les contes d'enfants eux-même regorgent d'histoire ou le cannibalisme est omniprésent qu'il s'agisse du "Petit Poucet" de l'histoire "d'Hansel et Gretel", ou même de celui du petit chaperon rouge tout est prétexte pour manger ses opposants ou ceux que l'on prétend aimer.



Mais alors pourquoi Mangeons-nous?


La question pourrait paraître idiote et désuète et pourtant quand on y réfléchit un peu pas tant que ça!

En effet les raisons de ces appétits souvent disproportionnés peuvent varier d'une personne à l'autre, en fonction de certains contextes ou évènements vécus. Dans ce cas, la nourriture peut servir de substitut à un vide affectif suite à une rupture ou un choc émotionnel perçu durant son enfance. Dès-lors analysons ensemble les causes et les origines de ce besoin universel de manger au-delà du raisonnable.


1 Besoin Physique


La première raison est initialement physique . Bien entendu je ne vous apprendrai rien en vous disant que le corps, composé essentiellement d'énergie a besoin d'en consommer pour alimenter ses besoins et combler ses pertes relatives à ses actions fournies comme celles : de courir, de marcher, de travailler ou même de réfléchir. Chacune de nos actions utilise de l'énergie qui ne disparaît pas mais est transmise à notre environnement ou à un tiers. Il est donc logique que ce soit ce même environnement ou cet hôte qui nous fournisse à son tour cette énergie reçue. Initialement l'homme cultivait la terre à la seule force de ses bras pour que celle-ci fasse jaillir de ses entrailles les fruits et les aliments censés lui apporter force, vitalité et santé. Plus le travail était intense plus la récolte était abondante, plus l'énergie donnée en contre-partie par les aliments produits était elle-même pleine de vie.


"Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme"




2. Des besoins Emotionnels


Nous avons tous notre façon de combler nos désordres affectifs ou nos blessures émotionnelles et la nourriture est souvent l'un des premiers refuges. Certains cesseront de s'alimenter mais beaucoup d'autres par contre se rueront sur la moindre sucrerie. Il n'y a pas de règle qui prévaut et souvent d'ailleurs dans un cas comme dans l'autre aucune guérison ne verra le jour avec ce type de "traitement", on peut même dire que dans la plupart des cas, l'état de l'intéressé va se dégrader très rapidement.


"Le coeur à ses raisons que l'estomac connait très bien"



3. Des besoins liés à notre culture ou à nos croyances


Autrefois avant la libéralisation des marchés internationaux de l'industrie agroalimentaire chaque culture avait une alimentation spécifique souvent dictée par son environnement naturel, comme le climat, la texture des sols ou tout simplement les croyances populaires et tribales. Dans certains pays comme l'Inde, la vache est un mammifère sacré qu'il ne faut pas manger et pour les pays arabes le cochon est proscrit de leur alimentation mais pour des raisons diamétralement opposées. Certains Asiatiques mangent du chien et parfois du chat alors que dans la plupart des pays d'Europe ce sont des animaux de compagnie à qui on préfère les bovidés pour combler nos besoins nutritifs. Bref vous l'aurez compris les influences sont depuis toujours nombreuses et souvent dictées de manière plus ou moins intuitive par notre lieu et notre mode de vie.



4. Pour le plaisir


Aujourd'hui avec la sédentarité et l'industrialisation de notre société qui a vu disparaitre une grande partie des travaux manuels, les besoins calorifiques ont fortement diminué et le plaisir de manger à supplanter les besoins purement physiologiques. On mange souvent pour le plaisir, avec les yeux d'abord et avec les papilles ensuite. On engouffre même parfois des quantités astronomiques de nourriture excessivement caloriques par pure addiction à des plaisirs gustatifs relativement fugaces mais qui nous permettent de pouvoir nous réunir entre amis ou en famille autour de repas fastidieux "anormalement" prolongés.


On pourrait encore citer les saisons et les températures plus ou moins basses ou élevées qui peuvent influencer notre façon de nous alimenter mais également aussi parfois notre éducation ou notre milieu social ou de travail. Tous ses facteurs isolés ou parfois associés peuvent donc être à l'origine d'un déséquilibre alimentaire dangereux qu'il est primordial de pouvoir identifier avant de mettre en place des changements drastiques de comportement..


Faites une petite analyse de vos différentes addictions alimentaires et pratiquer votre propre introspection sur le contexte et les évènements ayant provoqué cette boulimie démesurée afin d'identifier les racines du problème et mettre en place des changements d'habitude adaptés à votre cas de figure avant de vous lancer dans un régime de crève-la-faim où les effets yoyo sont souvent plus dévastateurs que bénéfiques sur le moyen et long terme.


Un dernier conseil avant de vous quitter! Évitez à l'avenir d'employer le mot régime mais dites plutôt habitudes alimentaires, car rien qu'en prononçant ce mot "régime" tout votre organisme criera :

"J'AI FAIM"!


Rappelez vous aussi que si un désordre alimentaire peut vous faire prendre du poids, faire l'amour contribue à perdre l'excès de calories ingurgité tout en comblant une partie des vides affectifs que la nourriture ne remplira jamais, dès lors ne vous en privez surtout pas quand l'occasion se présente. Et dans ce domaine comme dans beaucoup d'autres, c'est la qualité des sentiments qui prévaut.


Et maintenant qu'on en parle, ça me fait penser à un truc :

Qu'est-ce qu'on mange ce soir chérie?