LA PEUR DU BONHEUR Et si nous n'étions pas "responsable"

Mis à jour : 17 mars 2019

Et si le bonheur dépendait davantage d'une réelle incapacité à être heureux que d'un choix réellement consenti ou non




“COMMENT MIEUX COMPRENDRE LA CHEROPHOBIE ?”

La chérophobie désigne la crainte de toute forme ou expression du bonheur. Les chérophobes sont des personnes mélancoliques, voir dépressifs qui tiennent leur phobie d’un événement traumatisant durant lequel un moment de joie a été moquée, contrariée.

Triste, fataliste, le chérophobe peut être fasciné par la laideur, la mort et attiré par des philosophes ou écrivains cyniques et misanthropes comme Cioran ou Samuel Beckett.

- Comportements associés à la chérophobie

La peur du bonheur place les chérophobes dans une mélancolie omniprésente et profonde. Il ne faut pas négliger aussi le fond dépressif qui est inhérent à cette phobie et qui peut être les signes précurseurs d’une véritable dépression (on parle alors de dépression cachée).


- Sources éventuelles de la chérophobie

Bien souvent, on trouve un événement traumatisant à la base de cette phobie. Cet événement est souvent lié à une honte ou une humiliation en lien avec un moment où une joie a été contrariée, bafouée, moquée de façon suffisamment forte pour que le sujet refuse ensuite tout accès à la gaieté dans sa vie relationnelle.


- Conséquences physiques, psychiques et comportementales

Les chérophobes sont des personnes tristes et renfermées sur elles-mêmes. Elles ont un caractère fataliste avec l’idée forte que le bonheur n’est pas fait pour elle. De ce fait, la notion même de beauté leur est étrangère. Elles vont donc investir tout ce qui paraît laid pour les autres, tout ce qui correspond à une certaine tristesse et accréditer ce qui est en lien avec un certain "mal de vivre". Cela crée des fascinations pour le morbide, le sombre, la mort…


Cette tendance générale peut entraîner une certaine misanthropie (haine des humains) avec un repli sur des idées mélancoliques et l’attrait pour des philosophes dits cyniques.


- Traitements possibles de la chérophobie

Le traitement principal de la chérophobie est la psychothérapie. Il s’agit d’aider les sujets souffrant de cette phobie à accéder à l’idée d’une joie possible sans peur des retombées néfastes et de prendre confiance dans sa capacité à aimer et à être aimé. C’est donc tout l’édifice du narcissisme qu’il faut reconstruire pas à pas et cela demande un peu de temps et d’investissement


- Analyse d'un cas de chérophobie

Fouad, 37 ans est un grand dépressif. Rien ne lui plait dans la vie et il reconnait lui-même avoir peur de ressentir de la joie que ce soit avec sa femme, ses enfants ou ses amis. Ses parents étaient tristes et il n’a jamais connu de contact physique (baiser, embrassades) avec sa mère. Aîné d’une famille de huit enfants il a appris très tôt à privilégier la réalité et les obligations par rapport au plaisir. Aussi le moyen qu’il lui faudra trouver c’est d’accepter d’avoir des passions, de les vivre et de ne pas rester dans les idées pour passer aux actes. Car ne l’oublions pas, les chérophobes pensent beaucoup et agissent peu ! Fouad ne peut donc faire l’économie d’un accompagnement psychothérapeutique (et peut-être aussi le soutien d’un psychiatre) pour sortir de l’impasse dans laquelle il se trouve.


Alain Héril, psychanaliste et sexothérapeute

Source Doctissimo



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