La résilience ou comment surmonter les épreuves

Par Marion Dalle


Deuil, maladie, violence… Comment font ceux et celles qui ont subi de profonds traumatismes et qui, pourtant, sont parvenus à se reconstruire sans tomber dans la dépression ? C’est ce que les psys appellent la résilience. On vous explique...

La résilience, une capacité à surmonter les épreuves.

En physique, la résilience traduit l’aptitude d’un corps à résister aux chocs et à reprendre sa structure initiale. Adaptée à la psychologie, elle désigne la capacité d’un individu à surmonter les moments douloureux de l’existence et à se développer, en dépit de l’adversité.

Autrement dit, la résilience consiste à prendre acte d’un traumatisme (deuil, abandon, inceste, violence sexuelle, maladie, guerre), à apprendre à «vivre avec» et à rebondir en changeant de perspective, voire même à se délivrer d’un passé empoisonnant pour en sortir grandi.

Un processus que l’on peut découvrir dans le livre Les inconnus du bout du monde d’Armelle Guilcher. Elle y raconte les aventures de Marie, qui vient de perdre son époux lors d’une mission en Guyane. Quelques jours après les obsèques, elle décide de repartir vivre à Cayenne dans l’espoir de trouver les réponses à cette tragédie. Une étape faisant partie de son propre processus de résilience. Lors de celui-ci, le destin mettra sur son chemin Alex, qui lui se noie dans un mariage qui bat de l’aile.


Le mécanisme du processus de résilience

Selon les spécialistes, l’attitude résiliente est dynamique et passe par plusieurs phases de défense pour contrer les trajectoires négatives.

- Une personne résiliente passe par une révolte et un refus de se sentir condamné au malheur. - Viennent ensuite le rêve et le défi, c’est à dire le souhait de sortir d’un traumatisme plus fort, en atteignant un objectif. - On note aussi l’attitude de déni, qui consiste à se créer une image de personne forte afin de se protéger de la pitié de l’entourage, même si une fragilité intérieure demeure. - Enfin l’humour : un résilient a tendance à développer une forme d’autodérision face à son traumatisme. Une manière de ne pas se complaire dans la tristesse et de cesser d’être exposé aux yeux des autres comme une victime de la vie.

A noter aussi que nombreuses sont les personnes résilientes pouvant entrer dans une phase de création (écriture, dessin). Une façon d’exorciser le malheur, de sortir des sentiers battus et de marquer indirectement leur différence.


Peut-on apprendre la résilience ?

Après un choc ou une douloureuse épreuve, un individu et ce, qu’importe son âge, est plus ou moins contraint de se créer un processus de résilience. Il s’agit alors d’accepter le coup du sort, de le maîtriser pour ensuite le transformer et pouvoir ainsi continuer à vivre normalement. Même si bien sûr, la blessure est présente et le restera toujours….


Les critiques

Si le concept de résilience est bien accepté et utilisé aux Etats Unis, il semble plus difficile à imposer en Europe. La raison : les psychologues américains s’inspirent davantage du comportementalisme pour analyser certains phénomènes et établir des thérapies.

En France, plusieurs psychanalystes dénoncent la notion de résilience comme un concept visant à se préoccuper davantage des symptômes plutôt que de l’origine des maux de l’individu.

Loin d’être perçue comme un signe d’invulnérabilité, la résilience présente néanmoins l’avantage de véhiculer aux yeux du grand public, un message optimiste et anti-fataliste, mieux encore un «réalisme de l’espérance».….


Source aufeminin


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