« Le Burning Man est un festival à la fois capitaliste et communiste »

Mis à jour : 31 mars 2019

Du 25 Août au 02 Septembre 2019 dans le NEVADA


L'architecte Français Arthur Mamou-Mani au festival Burning Man, dans le Nevada. Il nous raconte cette expérience hors du commun.

Par Louis Chahuneau


Light is reflected from the Temple of Promise Jim Urquhart/Reuters


C'est un festival aussi mythique que mystique. Comme chaque année depuis 1986, des dizaines de milliers de personnes venues du monde entier ont rendez-vous la dernière semaine d'août dans le désert de Burning Rock (Nevada) pour célébrer l'art et la liberté dans leur sens le plus radical. Pendant une semaine, les « Burners » créent une ville utopique, éphémère et autonome, Black Rock, en plein désert, et se rencontrent autour de leurs impressionnantes créations artistiques.

Le Burning Man n'est pas qu'un festival, c'est aussi une communauté libertaire. Depuis plusieurs années, il est devenu une source d'inspiration pour les tycoons de la Silicon Valley comme Mark Zuckerberg (fondateur de Facebook) ou Jeff Bezos (Amazone), ce qui lui vaut aussi d'être critiqué pour sa gentrification (le prix du billet est passé de 35 à 390 dollars en vingt ans). Ils viennent notamment y trouver de nouvelles philosophies de travail. Et puis vivre dans le désert pendant une semaine demande une préparation importante, car une fois sur place, il faut savoir se débrouiller. C'est un des 10 principes fondateurs du festival créé il y a 32 ans par Larry Harvey, décédé en avril dernier. Et pour la première fois cette année, un concours d'architecture lancé pour la construction du « temple », édifice spirituel – mais sans religion définie –, où se recueillent les festivaliers.



"Qu'est-ce qui fait que le Burning Man est un festival à part ?

La première fois que je suis venu, j'ai trouvé ça fou. C'est entre Madmax (film de Georges Miller) et Tron (film de Steven Lisberger, 1982). En plus, je travaille avec beaucoup d'informaticiens, un milieu assez terre-à-terre, donc je me suis dit « qu'est ce que c'est que ce bordel ? ». Tout le monde se crie dessus, il fait chaud, on est dans des tantes, on sue, il n'y a pas de douches, etc. Mais au fil des années, je commence à voir la valeur de ce festival. Le Burning Man est régi par 10 commandements, dont l'autonomie et l'expression personnelle radicale, c'est-à-dire que tout le monde est actif, personne ne reste spectateur. J'aime particulièrement l'aspect d'autonomie extrême. En France, on nous enseigne que le gouvernement doit s'occuper de nous. Alors qu'au Burning Man, si t'as oublié ton eau, c'est tant pis pour toi. Évidemment, tout le monde s'offre des cadeaux, donc tu t'en sors toujours. En fait, il y a une contradiction extrême entre l'autonomie et l'idée que la communauté va forcément t'aider si tu manques de quelque chose. Mais il ne faut pas s'y attendre.



Le Burning Man est-il un festival qui inspire au-delà de l'art ?

Bien sûr ! Elon Musk (fondateur de Tesla, NDLR) va au Burning Man tous les ans. Lui a réfléchi au projet SolarCity qu'il a créé avec son cousin parce qu'ils avaient besoin de calculer leurs besoins énergétiques pour le festival. En fait, ça pousse les gens à créer des entreprises qui prennent en compte les conditions extrêmes dans lesquelles on peut vivre. Et puis Burning Man a beaucoup influencé la Silicon Valley en général, notamment le campus de Google. Le fondateur de Google adorait l'aspect manuel du festival contrairement aux logiciels qu'ils utilisent dans leurs métiers. Larry Harvey, lui, disait que le Burning Man est une sorte d'Internet physique, dans le sens où plein de petites communautés se connectent.


Source Le point



Site officiel : Burning Festival

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