Vivre à 40 ans en colocation : un phénomène de plus en plus courant

Depuis plusieurs années déjà, avoir 40 ans et vivre en colocation est une chose de plus en plus commune. Appartager, site leader de la colocation en France, révèle que 7,3% de ses utilisateurs ont plus de 40 ans, un chiffre en hausse constante depuis 2017. Cet élargissement de la tranche d’âge des colocataires est le reflet de plusieurs faits sociétaux parmi lesquels l’augmentation du nombre de divorces et celle des loyers.

Cédric Brochier, porte-parole d’Appartager, décrypte ce phénomène.

Si la part du nombre de quadras en colocation a augmenté c’est également lié au phénomène du vieillissement des célibataires. Celui-ci est lui-même lié à l’allongement de la durée des études mais surtout à une révolution majeure de la société française à savoir : le modèle social n’est plus centré sur le mariage ou la parentalité mais sur l’individu, maître de sa seule existence. Le célibat est à la mode et aujourd’hui largement associé à l’indépendance, la liberté et l’activité.


La colocation : un moyen de faire des rencontres

L’étude réalisée par Appartager auprès de ses utilisateurs révèle que plus de 41% des utilisateurs de plus de 40 ans invoquent le fait de « faire des rencontres » comme avantage numéro 1 de la colocation. Ainsi, s’ils sont 39% à mettre le montant du loyer comme premier critère de choix, force est de constater que la colocation n’est plus choisie uniquement pour des raisons financières.


Cette enquête révèle également que pour 20% des quadras en colocation, l’autre grand avantage de ce mode vie est l’attrait des espaces plus grands. La mutualisation des charges dans la colocation permet en effet de prétendre à des logements plus spacieux mais également plus centraux. La colocation a en effet beaucoup de succès là où la tension immobilière est forte comme à Paris, Lyon ou Toulouse.ou dans les grandes ville de manière générale en Belgique , au Luxembourg ou encore en Suisse.


Enfin, on apprend également que la colocation intergénérationnelle n’effraye plus, puisque 9 quadras sur 10 sont prêts à vivre avec un ou des colocataires plus jeunes, un tiers avec une personne plus vieille et un cinquième accepte même de partager son habitation avec un couple.


Cécric Brochier, porte-parole d’Appartager, ajoute : " Aujourd’hui, les quadras sont de plus en plus nombreux à vouloir partager leur quotidien avec d’autres personnes. Que ce soit pour faire des rencontres ou profiter d’espaces plus grands, désormais ils souhaitent de plus en plus vivre avec des gens avec qui ils partagent des intérêts ou des valeurs communes, comme par exemple pour faire des « éco-colocations »".


Témoignage

A 40 ans, j’ai découvert la colocation



Après un divorce douloureux, Béatrice se retrouve seule avec ses deux enfants. 
Pour ne pas sombrer dans la solitude, elle décide de tenter l’aventure de la colocation…


« Il y a 3 ans, j’ai connu une grosse crise dans mon couple. J’ai appris que l’homme avec lequel j’étais mariée depuis 5 ans me trompait depuis plusieurs années. Cette nouvelle a eu l’effet d’une bombe ! Je ne m’y attendais pas du tout et je me suis sentie vraiment perdue. Même dévastée. J’ai essayé de pardonner à mon mari mais au bout de quelques mois je me suis rendue compte que je n’arriverai plus jamais à avoir confiance en lui et j’ai décidé de demander le divorce. Conscient du mal qu’il m’avait fait, il a respecté mon choix et nous avons réussi à divorcer sans nous déchirer. C’était déjà ça. J’ai obtenu la garde de mes 2 petites filles. Leur père les voit désormais un week-end sur 2 et durant la moitié des vacances scolaires. Seule avec mes 2 enfants Très vite, il a fallu que je me retrouve un logement. Mais entre mon salaire de vendeuse et la pension de mon ex-mari, je n’ai rien trouvé de convenable pour mes 2 filles et moi. Nous nous sommes donc retrouvées dans un appartement de 2 pièces, bien trop petit pour que chacune puisse vivre une vie heureuse. Mais nous étions ensemble et nous avions un toit : c’est ce qui comptait le plus. Mais malheureusement, je me suis vite rendue compte que j’allais avoir du mal à joindre les deux bouts. Entre les factures d’électricité, l’abonnement téléphonique ou encore l’internet et les charges de l’appartement à payer au propriétaire en plus du loyer, je me suis vite retrouvée dans une situation financière plus que compliquée. Sans compter que je me sentais extrêmement seule. Certes, mes filles étaient là mais je ne me sentais pas du tout soutenue dans toutes ces difficultés et je devais faire front sans broncher. Toute seule. L’idée de la collocation C’est aussi à cette période là que Monique, une de mes amies de longue date, s’est séparée de son mari. Nous avons toujours été proche et nous l’avons été encore plus face à nos divorces respectifs. Lorsqu’elle a dû chercher un appartement où vivre avec son fils, qui a tout juste 3 ans de plus que ma fille ainée, j’ai eu un déclic et je lui ai proposé qu’on se mette en colocation et qu’on loue ensemble un grand appartement ou une petite maison. Pour se soutenir, être ensemble et offrir à nos petits un cadre de vie plus agréable. J’ai de la chance car je dois dire que Monique a tout de suite été emballée par mon idée et elle a accepté sans même réfléchir. Le temps de poser le préavis de l’appartement que j’occupais et de trouver notre bonheur et nous avons emménagé ensemble, avec nos 3 enfants ! Le retour à la vie Nous avons trouvé un appartement spacieux avec 4 chambres. Mes filles dorment ensemble, Monique, son fils et moi avons chacun la notre. Le rêve. Les pièces ne sont pas très grandes mais peu importe, c’est plus que ce dont j’aurais pu rêver ! Nos enfants s’entendent bien et de mon côté, je me sens enfin soutenue. C’est si précieux d’avoir quelqu’un de confiance avec qui parler des soucis et partager de bons moments au quotidien. D’un point de vue purement financier, nous faisons aussi des économies en partageant les factures et nous pouvons aussi nous organiser pour les taches ménagères comme les courses ou le ménage. Depuis mon divorce, cette collocation est la meilleure chose qui me soit arrivée et j’espère que cela durera longtemps. C’est un vrai retour à la vie ! »


Propos recueillis par Quitterie Pasquesoone.


  • White Facebook Icon
  • White Twitter Icon
  • White Instagram Icon
  • White Pinterest Icon
  • White YouTube Icon

© 2019 by MACLEOD -PRODUCTION - Quality - Project - Management